Infections transmissibles sexuellement
Que-sont Elles?
Papillomavirus ou virus du papillome humain (VPH)
Qu’est-ce que le VPH?
Une infection qui attaque l’intérieur et l’extérieur de l’organisme
Le virus du papillome humain, ou VPH, est l’un des virus les plus répandus dans le monde contemporain. Il s’agit de l’infection transmissible sexuellement (ITS) la plus commune. Il se transmet pendant les relations sexuelles, mais aussi par contact de peau à peau. Il infecte la surface de la peau, la muqueuse de la bouche, la langue, la gorge, les amygdales, le vagin, le pénis, le col de l’utérus et l’anus.
La plupart des personnes infectées par le VPH ne présentent aucun signe ni symptôme et peuvent propager le virus sans même le savoir. Le VPH n’est pas apparenté au VIH, le virus de l’immunodéficience humaine, qui cause le sida. Mais, en raison de l’affaiblissement de leur système immunitaire, les personnes atteintes du VIH sont plus susceptibles d’être infectées par d’autres microbes, y compris un ou plusieurs types de VPH.
Les différents types causent différents problèmes
Il existe de nombreux types de VPH. On en a répertorié de manière fiable plus de 80 types, mais les chercheurs croient qu’il y en aurait plus de 200. Certains types causent des verrues vulgaires ou des verrues plantaires. Par contre, plus de 30 types de VPH causent des infections du tractus anogénital. Parmi les types de VPH qui causent des infections génitales il y a :
- les types 16 et 18, qui peuvent provoquer des lésions précancéreuses, le cancer du col et d’autres cancers génitaux. On les appelle les types carcinogènes ou les « VPH à risque élevé ».
- d’autres types, par exemple les types 6 et 11, peuvent causer des verrues génitales. On les appelle les « VPH à faible risque », parce qu’ils causent rarement le cancer.
Verrues vulgaires
Les types les plus visibles de VPH sont responsables des verrues de la peau (verrues vulgaires, verrues plantaires, verrues planes) qui affectent diverses régions de la peau comme les mains, les bras, les jambes et la plante des pieds. Les infections dues à ce type de VPH sont très courantes. Elles sont bénignes, non cancéreuses et se traitent très facilement.
Verrues génitales
Il ne faut pas confondre les verrues de la peau et les verrues génitales (aussi appelées condylomata acuminatum), qui sont causées par les types de VPH 6 et 11. Chez les femmes, les verrues génitales peuvent apparaître sur la vulve, l’urètre, le col utérin, l’anus et les cuisses. Chez les hommes, elles se retrouvent sur le pénis, le scrotum, l’anus et les cuisses.


Lésions précancéreuses
Chez les femmes, le VPH peut infecter les cellules du vagin et du col de l’utérus, des endroits que l’on ne voit pas. Ces lésions (que l’on appelle cellules anormales ou dysplasie dans les milieux médicaux) sont considérées comme une affection précancéreuse. Le VPH est l’une des causes les plus fréquentes de la dysplasie cervicale. Il existe trois types de dysplasies cervicales : bénigne, modérée et grave. Si on ne la traite pas, la dysplasie peut dégénérer en cancer du col utérin.
Cancers
Les types carcinogènes du VPH sont responsables de la plupart des cancers du col. Dans 70 % des cas, ils sont causés par les types 16 et 18, qui provoqueraient en outre les cancers de la bouche ou du pénis. Les chercheurs ont établi un lien étroit entre le cancer de l’anus et le VPH 16.
La transmission et l’évolution naturelle du VPH
Le VPH ne se transmet pas par contact avec le sang. Le plus souvent, le virus se transmet par contact avec la peau du pénis, du scrotum, du vagin, de la vulve ou de l’anus d’une personne infectée. Il se transmet aussi par contact de la bouche avec les parties génitales. Le port du condom n’offre pas une protection totale, puisque le virus peut se trouver sur des régions de la peau non couvertes par le condom.
Le VPH frappe en général les jeunes au moment de leurs premières relations sexuelles. Les recherches révèlent que les jeunes Canadiens (garçons et filles) ont leurs premières relations dès l’âge de 15 ans et que des filles âgées d’à peine 12 ou 13 ans de tous les milieux socioéconomiques pratiquent le sexe oral.
Les verrues génitales sont très contagieuses et se transmettent pendant les rapports oraux, vaginaux ou anaux avec un partenaire infecté.
- La plupart (66 %) des personnes qui ont des rapports sexuels avec un partenaire infecté par une verrue génitale auront elles-mêmes une verrue dans les trois mois suivant le contact.
- Les verrues génitales peuvent compliquer la grossesse :
- la taille de la verrue peut augmenter, rendant la miction difficile ;
- elles nuisent à l’élasticité du vagin et peuvent causer de l’obstruction à l’accouchement ;
- dans de rares cas, les nourrissons issus d’une mère infectée auront des verrues dans la gorge, un problème potentiellement mortel.
Les verrues génitales persistent parfois pendant des années avant de disparaître. Toutefois, le VPH peut demeurer dans l’organisme à l’état latent et se manifester de nouveau.
L’évolution d’une infection au VPH varie dans le temps et selon les personnes :
- Les verrues génitales peuvent se développer rapidement à l’intérieur ou à l’extérieur du vagin, en général dans les trois mois qui suivent le contact.
- Dans l’année qui suit la première infection au VPH, des dysplasies cervicales bénignes (CIN 1) peuvent se déclarer. (CIN signifie cervical intraepithelial neoplasia – néoplasies intraépithéliales cervicales. C’est un système de classification des lésions cervicales :CIN 1 = infection bénigne, CIN 2 = infection modérée, CIN 3 = infection grave).
- Chez certaines femmes, l’infection persiste et peut évoluer vers les premiers stades du cancer (CIN 2 ou 3) — cette transformation est généralement lente ; elle peut prendre de cinq ans à toute la vie.
Les symptômes physiques et psychologiques
Verrues génitales
Les verrues génitales sont habituellement indolores. Elles peuvent néanmoins provoquer les symptômes suivants :
- Une sensation de brûlure ou d’irritation et des saignements légers occasionnels à la suite de rapports anaux ou après la défécation.
- Les excroissances en forme de petits choux-fleurs ont un aspect disgracieux qui suscite la gêne et est associé à une fréquence élevée de dépression et de dysfonction sexuelle ainsi qu’à des perturbations des relations de longue date.
Les recherches menées auprès de personnes affectées d’une verrue génitale visible et chez qui on a diagnostiqué une infection au VPH révèlent que celles-ci :
- se sentent déprimées, honteuses et coupables ;
- craignent d’être rejetées par leur partenaire, de ne plus vivre leur sexualité pleinement et de ne plus pouvoir éprouver de plaisir sexuel.
Lésions précancéreuses
Les symptômes de la dysplasie cervicale passent souvent inaperçus. Le dépistage se fait en général grâce à un test Pap (frottis vaginal) ou à une colposcopie. Les infections au VPH ont des conséquences sociales et psychologiques. On a mené des études auprès des femmes à qui l’on venait d’annoncer que les résultats de leur test Pap étaient anormaux. On a observé chez elles des répercussions psychologiques fréquentes, notamment :
- de l’anxiété et des craintes au sujet du cancer ;
- des problèmes d’ordre sexuel ;
- des changements de leur image corporelle ;
- des inquiétudes relatives à leurs fonctions reproductives.
Les traitements et les stratégies de prévention
Vaccination contre le VPH
La vaccination permettant de prévenir les types les plus courants de l’infection au VPH et le cancer du col de l’utérus est maintenant disponible au Canada. Le gouvernement canadien a approuvé la vaccination au Canada pour les femmes dont l’âge se situe entre 9 et 26 ans. Des études ont montré que le vaccin est efficace à cent pour cent pour prévenir quatre types de l’infection au VPH. Ces quatre types de VPH peuvent causer :
- des modifications précancéreuses et des cancers du col de l’utérus, de la vulve et du vagin (types 16 et 18);
- des verrues génitales et anales (types 6 et 11).
Ces quatre types de VPH sont à l’origine de 70 % de tous les cancers du col de l’utérus et de 90 % des verrues génitales et des maladies associées, comme les cancers du vagin et de la vulve. La vaccination anti-VPH ne protège pas contre les autres infections transmissibles sexuellement. Même vaccinée, il faut toujours se protéger au moyen d’un condom durant les rapports sexuels.
Traitement : Contrairement aux bactéries, les virus ne peuvent être détruits par des antibiotiques; de plus, il n’existe à l’heure actuelle aucun moyen médical d’éliminer une infection à VPH. Le traitement dépend du type d’infection à VPH et, dans le cas du cancer du col utérin, du stade auquel la maladie en est rendue.
Verrues génitales
On peut essayer d’éliminer les verrues visibles, mais cela n’élimine pas le VPH de sorte que les verrues peuvent réapparaître. Les traitements chimiques sont embarrassants et parfois douloureux ; de plus, ils peuvent laisser des cicatrices. On peut détruire les verrues génitales externes par application directe de deux puissantes substances chimiques (la podophylline et l’acide trichloroacétique), mais le traitement doit être répété plusieurs fois. Un nouveau produit, la crème imiquimod, est maintenant disponible ; elle réussit assez efficacement à stimuler le système immunitaire pour qu’il combatte le virus.
Il existe d’autres méthodes de destruction des verrues génitales externes. On les choisit en fonction de la taille, du nombre et de l’emplacement de celles-ci :
- La cryothérapie (on tue les cellules endommagées en appliquant de l’azote liquide, qui les gèle) ;
- L’électrochirurgie (on fait passer un courant électrique dans les cellules anormales) ;
- La thérapie au laser (on « surchauffe » et on vaporise les cellules anormales).
Cancer du col de l’utérus
On peut traiter efficacement le cancer du col quand il en est au premier stade. On peut choisir entre l’excision électrochirurgicale à l’anse diathermique (la technique LEEP), la thérapie au laser et la cryothérapie. Si le cancer a atteint les couches plus profondes du col de l’utérus et qu’il s’est propagé à l’utérus, on utilisera un traitement plus poussé, par exemple l’hystérectomie radicale avec ablation des ganglions lymphatiques. Cette intervention a toutefois des effets secondaires, notamment la perte de contrôle de la vessie, des problèmes d’ordre sexuel, un stress psychologique et l’enflure des jambes.
Au dernier stade, le cancer est mortel s’il envahit les tissus voisins ; la chimiothérapie et la radiothérapie donneront certains résultats. Lorsque le cancer s’est propagé au-delà du bassin, on considère qu’il est incurable : en effet, le taux de survie n’est que de un sur cinq. On peut combattre le cancer du col grâce au dépistage et au traitement. La solution idéale, toutefois, serait d’en prévenir la cause : l’infection au VPH.
Le problème semble pour l’instant insoluble, puisqu’il est presque impossible de rompre la chaîne de la transmission en mettant fin aux rapports sexuels non protégés. L’utilisation d’un condom ne suffit pas, puisqu’il ne recouvre que le pénis (ou l’extérieur du vagin dans le cas du condom pour femmes) : il peut donc y avoir contact de la peau et des zones anogénitales. De plus, certaines personnes allergiques au latex utilisent des condoms faits d’intestins de mouton, mais les pores de ces condoms sont suffisamment larges pour laisser passer des bactéries et des virus de petite taille comme le VPH.
La vaccination serait une stratégie de prévention efficace, qui changerait du tout au tout le problème du VPH. Nous savons que des chercheurs essaient de mettre au point un vaccin contre les infections au VPH, qui causent le cancer du col de l’utérus et les verrues génitales.
Mise à jour : 9/10/08
