Faits et statistiques : Santé sexuelle et jeunes Canadiens
Pratiques en ce qui concerne le sexe oral
D'un point de vue de la santé sexuelle, la pratique du sexe oral ne comporte aucun risque de grossesse non désirée et les risques de contracter une infection transmissible sexuellement sont faibles, par rapport à la pénétration pénis-vagin ou pénis-anus.
Toutefois , le sexe oral n'est pas sans risques et sa pratique chez les jeunes Canadiens est de plus en plus scrutée à la loupe par les adultes, les professionnels de la santé et les médias (pour avoir un aperçu d'une discussion à ce sujet, consulter la référence McKay, 2004).
Les recherches disponibles sur la pratique du sexe oral chez les jeunes Canadiens sont rares.Paradoxalement, bien que les jeunes, surtout les jeunes adolescents et les préadolescents, démontrent un intérêt grandissant envers le sexe oral, les chercheurs canadiens jugent souvent inappropriés de les interroger à ce propos.
Cependant, les chercheurs disposent de deux importantes séries de données canadiennes qui permettent une certaine inférence sur la prévalence de la pratique du sexe oral des jeunes Canadiens âgés de 14 à 16 ans , et si ce comportement s'est accru au cours des dernières années.
L'Étude sur les jeunes, la santé sexuelle et le VIH/sida au Canada (Boyce et coll., 2003) mentionnée ci-dessus ainsi qu'un sondage de recherche par subtilisation de renseignements mené en 1992 conjointement avec le programme d'enseignement Skills for Healthy Relationships (Warren et King, 1994) ont demandé aux élèves de 3 e et de 5 e secondaire s'ils avaient pratiqué le sexe oral.
Comme le tableau ci-dessous le démontre, entre 1994 et 2002, la proportion d'élèves de chaque groupe déclarant avoir pratiqué le sexe oral a augmenté de façon moyenne.
En 2002, pour chaque catégorie de niveau et de genre, les élèves étaient plus susceptibles de déclarer avoir pratiqué le sexe oral que d'avoir eu des relations sexuelles. Il est à noter que ces données comprennent les élèves qui pourraient avoir pratiqué le sexe oral une fois ainsi que ceux qui l'ont pratiqué à de multiples occasions.
Pourcentage des élèves canadiens de 3 e et de 5 e secondaire ayant déclaré avoir pratiqué le sexe oral au moins une fois, 1994, 2002
| 1994 | 2002 | ||
|---|---|---|---|
| 3e secondaire | |||
| Garçons | 27 % | 32 % | |
| Filles | 21 % | 28 % | |
| 5e secondaire | |||
| Garçons | 48 % | 53 % | |
| Filles | 47 % | 52 % | |
Source : Boyce et coll. Étude sur les jeunes, la santé sexuelle, le VIH et le sida au Canada, 2003; Warren et King (1994). Development and Evaluation of an AIDS/STD/Sexuality Program for Grade 9 Students.
Aucune étude évaluant la prévalence de la pratique du sexe oral chez les jeunes adolescents canadiens n'a été publiée à grande échelle. Une étude effectuée aux États-Unis a indiqué que 18 % des jeunes âgés de 12 à 15 ans ont pratiqué le sexe oral au moins une fois (Boekeloo et Howard, 2002).
Cette étude fait ressortir une perception courante quant à la pratique du sexe oral chez les adolescents, soit l'existence d'une divergence entre les sexes selon laquelle les filles sont plus susceptibles de pratiquer le sexe oral (fellation) sur leur partenaire sexuel que de le recevoir (cunnilingus).
Aucune des deux études canadiennes n'a fait la distinction entre la personne qui pratiquait le sexe oral et celle qui le recevait.
Bien qu'il existe plusieurs études à grande échelle bien menées aux États-Unis qui incluaient des mesures plus précises du comportement en matière de sexe oral, les résultats varient.
Par exemple, dans le cadre d'une importante étude d'échantillonnage effectuée en 1995 et portant sur les jeunes hommes âgés de 15 à 19 ans, les données sont conformes aux hypothèses prévalentes sur la divergence des sexes; 49 % ont déclaré avoir reçu du sexe oral, tandis que 39 % disent avoir pratiqué le sexe oral (Gates et Sonenstein, 2000).
Par ailleurs, dans une autre importante étude d'échantillonnage menée en 2002, parmi les jeunes hommes âgés de 15 à 19 ans, 38,8 % ont déclaré avoir pratiqué le sexe oral sur leur partenaire et 51,5 % ont déclaré l'avoir reçu (Mosher, Chandra et Jones, 2005). Cependant, dans la même étude, les jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans ont également indiqué que leur partenaire avait pratiqué le sexe oral sur elles (49,6 %), plus qu'elles ne l'avaient pratiqué (43,6 %).
Mise à jour : 12/11/07