Mon nouveau partenaire m’a dit qu’il a l’herpès et qu’aucun traitement n’existe pour l’enrayer. Qu’est-ce que cela veut dire pour moi si nous décidons d’avoir des relations sexuelles? Une réponse, s’il-vous-plaît!
L’herpès est une infection virale causée par le virus de l’herpès simplex (« VHS »), de types 1 et 2. Il peut affecter la région buccale (donnant lieu à ce qu’on appelle couramment feu sauvage) ou la zone génitale. Il se propage par contact direct entre ces régions. Il peut être transmis par relation sexuelle (vaginale ou anale), par le sexe oral ou par la bouche, selon la zone affectée.
Lorsque le virus fait d’abord son apparition dans le corps, il cause généralement une lésion douloureuse semblable à une vésicule dans la région infectée. La vésicule éclate alors, formant un ulcère ou des cloques, s’assèche et guérit sur une période s’étendant de plusieurs jours à des semaines. Parfois, cependant, le virus peut infecter une personne sans causer de lésions, de façon à ce qu’elle ne sait pas si elle en est infectée. Une fois le virus contracté, il vit dans un ganglion nerveux qui approvisionne la peau où il s’est infiltré, et reste à vie dans l’organisme de la personne. Il est inactif la plupart du temps, mais peut se réactiver occasionnellement et causer des lésions semblables à une vésicule dans la même région. C’est ce qu’on appelle une « poussée ».
Le nombre et la fréquence de ces poussées varient d’une personne à l’autre. Le virus pourrait ne jamais réapparaître chez certaines personnes, et refaire surface fréquemment chez d’autres. Les poussées surviennent souvent peu de temps après l’infection initiale, mais tendent aussi à se produire lorsque la personne connaît un stress physique ou émotif, ou lorsque son système immunitaire est affaibli.
Les crises ultérieures de l’herpès sont habituellement moins douloureuses que la première et guérissent généralement plus rapidement. Aucun traitement n’est nécessaire, puisque les lésions disparaîtront d’elles-mêmes. On peut utiliser des comprimés (acyclovir, famciclovir et valacyclovir) pour réduire la durée d’une poussée, mais ceux-ci n’enrayent pas l’infection. On peut également appliquer une crème sur la peau affectée, mais le fait qu’elle aide ou non n’est pas clair.
Les gens dont les poussées sont très fréquentes peuvent prendre une faible dose de médicaments par voie orale quotidiennement. Il est prouvé que ce traitement réduit la fréquence de la réapparition du virus.
Le moyen le plus facile et le plus évident de réduire les risques de contaminer un partenaire non infecté est d’éviter tout contact sexuel avec les régions présentant des lésions visibles. L’herpès est plus contagieux lorsque les lésions sont apparentes, mais il se peut qu’une personne atteinte de l’herpès (entre 1 % et 5 % des cas) soit porteuse du virus même sans l’apparition de symptômes. Les condoms sont généralement un bon moyen de prévenir les infections, mais si la région affectée de l’herpès n’est pas couverte par le condom, la transmission pourrait tout de même se produire. Récemment, des études ont démontré que l’administration quotidienne d’une faible dose de médicaments à une personne atteinte de l’herpès pouvait réduire les possibilités d’infection chez son partenaire.
Les nourrissons peuvent contracter le virus par l’intermédiaire de leur mère au cours d’un accouchement vaginal. Les risques pour un nourrisson d’être contaminé sont très minces, surtout si la mère est porteuse de l’infection depuis quelques temps (par opposition à la contraction d’une infection au moment de la grossesse). Parfois, on donne aux femmes atteintes de l’herpès des médicaments à la fin de leur grossesse pour prévenir les poussées. Si des lésions sont présentes au moment de l’accouchement, on effectuera souvent une césarienne parce qu’elle permet de réduire la contamination du nourrisson.
Parce que l’herpès est une infection à vie, elle peut causer bon nombre de problèmes dans une relation. Le développement de l’herpès pour la première fois chez le partenaire dans le contexte d’une longue relation monogame peut donner lieu à une situation délicate. Le partenaire pourrait présumer que l’autre lui a été infidèle, et bien que ce puisse être le cas, celui-ci pourrait avoir été porteur du virus pendant des années, mais n’a jamais eu de poussée notable. La communication ouverte est la clé de toute situation. Votre partenaire a eu raison de vous le mentionner avant que vous n’ayez des relations intimes. La bonne nouvelle est que l’herpès n’est pas une infection fatale ou grave dans la plupart des cas, sauf chez les nourrissons, ou chez les gens dont le système immunitaire est affaibli.
Les condoms pour homme protègent-ils contre l’herpès et le papillomavirus ?
La protection contre la transmission des maladies est beaucoup moins efficace contre des maladies transmises sexuellement, comme l’herpès et le papillomavirus, des virus qui peuvent se trouver à la surface de la peau non protégée ou couverte par un condom. Théoriquement, le condom pour femme pourrait être plus efficace dans une telle situation parce qu’il recouvre une plus grande surface.
Le dépistage de l’herpès fait-il partie du dépistage systématique des ITS ou y a-t-il un test distinct pour l’herpès?
Lorsque vous vous rendez chez votre prestataire de soins pour le dépistage d’une infection sexuellement transmissible, il/elle vous posera des questions par rapport à vos antécédents médicaux et sexuels, et à vos préoccupations. Si vous avez des symptômes, il/elle vous demandera de les décrire, depuis combien de temps ils sont présents et leur sévérité.
Il/elle procédera ensuite à un examen physique (examen génital pour les hommes, examen pelvien pour les femmes) afin de déceler les signes d’infection. Puis, il/elle prendra des échantillons pendant l’examen, lesquels seront envoyés au laboratoire pour l’analyse, ainsi que des tests de sang et d’urine.
Même si vous n’avez pas de symptômes et si votre examen est normal, vous pouvez être infecté par une infection sexuellement transmissible (IST). Il est important de discuter de vos facteurs de risque avec votre prestataire de soins, puisqu’il/elle sera mieux en mesure de procéder aux tests appropriés.
Lorsque vous vous rendez chez votre prestataire de soins pour le dépistage des IST, on vérifiera probablement pour la chlamydia, la gonorrhée et le VIH (par une prise de sang), mais il vaut mieux de demander à votre prestataire de soins pour être certain. Si vous consultez pour un test de Pap systématique, votre médecin peut ne faire que le test de Pap et un examen pelvien, à moins que vous n’ayez de symptômes ou que vous de demandiez spécifiquement d’être testé. Ne présumez jamais que vous vous faites tester pour toutes les IST : demandez à votre prestataire de soins!
Le test de l’herpès ne fait pas partie du dépistage systématique des ITS. Si des lésions génitales actives d’herpès sont présentes au moment du rendez-vous, votre prestataire de soins considérera le diagnostic de l’herpès selon vos symptômes et l’apparence de l’ulcère. Le diagnostic peut être confirmé en faisant analyser en laboratoire l’écouvillonnage de l’ulcère.
Par contre, si vous n’avez pas de lésions actives d’herpès au moment du rendez-vous, il est peu probable que votre médecin ne vous teste pour l’herpès (HSV-2) à moins que vous ne le demandiez spécifiquement. Si vous et votre médecin croyez que le dépistage du HSV-2 est nécessaire, on prélèvera du sang afin de déterminer si vous avez été infecté par le HSV-2 par le passé.
Je viens d’apprendre que mon partenaire a déjà eu l’herpès et je ne sais pas quoi faire. Comment puis-je me protéger?
Lorsqu’un partenaire a l’herpès, il y a un risque que vous le contractiez aussi. Vous devez comprendre comment réduire le risque d’infection et comment en parler à votre partenaire. Si vous avez été actif sur le plan sexuel par le passé, vous vous êtes peut-être déjà exposé au risque de l’herpès. Puisque l’herpès peut se propager en l’absence de symptômes (élimination asymptomatique), il peut s’avérer difficile de savoir quand une personne est devenue infectée et qui l’a infectée. La communication entre les partenaires : Il importe que les deux partenaires se renseignent sur l’herpès et qu’ils prennent ensemble des décisions sur les meilleures précautions à suivre.
Dans une relation intime et de nature sexuelle avec une personne atteinte d’herpès, le risque de contracter l’infection n’atteindra jamais zéro. Certains couples ont des relations de nature sexuelle pendant des années sans qu’il n’y ait transmission de l’herpès simplement en évitant les contacts sexuels pendant les éruptions, en utilisant fidèlement les condoms et en ayant recours à la thérapie antivirale suppressive pour réduire les éruptions. Les couples gèrent l’herpès avec succès à tous les jours. Pour la majorité d’entre eux, il s’agit d’un léger inconvénient. Puisque l’herpès ne pose pas un risque sérieux à la santé, certains couples choisissent de ne pas utiliser de condoms au sein d’une relation à long terme.
Voici quelques façons de réduire votre risque :
1. Si quelqu’un a un symptôme près de la bouche (herpès oral), il/elle ne devrait pas s’adonner au sexe oral auprès de son/sa partenaire jusqu’à ce que tout symptôme soit guéri.
2. Si quelqu’un a un symptôme près de la région génitale (herpès génital), il/elle ne devrait pas participer aux activités sexuelles jusqu’à ce que tout symptôme soit guéri.
3. En l’absence de symptômes, l’emploi de condoms lors des contacts génital-génital réduit le risque de transmission.
4. Il a été démontré récemment qu’un médicament antiviral contre l’herpès, le valacyclovir, réduit le risque de transmission de l’herpès. Lorsqu’il est pris quotidiennement par une personne avec des antécédents d’herpès génital récurrent, le valacyclovir peut réduire de 50 % le risque de transmission à un partenaire qui n’a pas le virus. Il est probable que la combinaison de valacyclovir suppressif et de condoms offre une meilleure protection que l’une ou l’autre méthode seule.
J’ai eu une relation sexuelle non protégée dans la douche et j’ai découvert plus tard que ce partenaire est infecté par l’herpès et pourrait avoir eu une poussée à cette période. J’ai ensuite pratiqué le sexe oral sur un autre partenaire environ une semaine plus tard. Je me demande si mon deuxième partenaire peut contracter l’herpès si je n’ai pas pratiqué le sexe oral sur la personne infectée?
Si le premier partenaire infecté par l’herpès a eu une poussée au moment de votre relation sexuelle non protégée, vous pourriez avoir contracté le virus autour de vos organes génitaux. Si vous n’avez pas pratiqué le sexe oral sur le premier partenaire, la région autour de votre bouche n’aurait pas été affectée et vous pourriez ne pas transmettre le virus au deuxième partenaire par sexe oral seulement. La situation est un peu plus compliquée qu’elle ne semble. Bon nombre de personnes ne se rendent pas compte que les feux sauvages sont un type d’herpès. Si vous avez déjà eu un feu sauvage autour de la bouche, vous pourriez éventuellement transmettre le virus de l’herpès à un partenaire en l’embrassant ou en pratiquant le sexe oral sur lui. La présence d’un feu sauvage augmente davantage les possibilités de transmission de l’infection.
En bref, la réponse à votre question est non - il est fort peu probable que votre deuxième partenaire a contracté l’herpès selon la situation décrite. Cela étant dit, une relation sexuelle non protégée (avec un partenaire que vous ne connaissiez pas très bien apparemment), n’est jamais une bonne idée et vous fait courir le risque de contracter une multitude d’autres infections transmissibles sexuellement, y compris le VIH.
Comment puis-je savoir si j’ai des verrues génitales? Quels sont les signes et symptômes des verrues génitales? Comment sont-elles traitées? Comment éviter la transmission des verrues génitales?
Les signes et symptômes des verrues génitales incluent :
1. De petites enflures roses ou rouges à la région génitale qui grossissent vite
2. Plusieurs verrues rapprochées qui peuvent avoir la forme d’un chou-fleur
3. Les démangeaisons et la sensation de brûlure à la région génitale
Souvent, les verrues génitales disparaissent même sans traitement. Selon la taille et l’emplacement des verrues, il y plusieurs façons de les traiter. Les prestataires de soins peuvent les traiter avec des médicaments ou par intervention chirurgicale. Par contre, si le virus sous-jacent n’est pas complètement éliminé, les verrues génitales peuvent réapparaître après le traitement.
Les médicaments sont appliqués directement à la région atteinte (la verrue elle-même). Ils incluent :
1. Imiquimod (Aldara)
2. Podofilox (Condylox)
3. Acide trichloracétique
4. Crème 5-fluorouracil (5 %)
La chirurgie peut s’avérer nécessaire pour enlever les grosses verrues ou encore celles qui sont réfractaires aux médicaments. Les options chirurgicales sont de :
1. Les geler avec de l’azote liquide (cryochirurgie)
2. Les brûler avec de l’électricité (électrocautérisation)
3. Recourir aux traitements au laser
Quoique les traitements puissent éliminer les verrues, il n’existe aucun traitement qui puisse éliminer le virus. Puisque le virus est toujours présent dans votre corps, les verrues réapparaissent souvent après le traitement.
Ne tentez pas de traiter les verrues génitales à l’aide de médicaments en vente libre. Ceux-ci ne sont pas conçus pour l’utilisation sur les tissus humides de la région génitale et s’ils y sont appliqués, ils peuvent empirer la douleur et l’irritation. La seule façon d’éviter une infection au VPH est d’éviter le contact direct avec le virus, lequel est transmis par contact de peau à peau. La sexualité protégée peut réduire le risque des verrues génitales. Toutefois, l’utilisation de condoms n’élimine pas complètement le risque parce qu’ils peuvent ne pas recouvrir entièrement la peau infectée, permettant donc que le contact se fasse.
Si vous ou votre partenaire sexuel avez des verrues visibles à la région génitale, évitez le contact sexuel jusqu’à ce que les verrues soient traitées. Si vous constatez des verrues génitales pour la première fois, informez votre partenaire sexuel afin qu’il/elle puisse se faire traiter, et prenez les précautions nécessaires pour éviter de transmettre l’infection à d’autres.
Comment puis-je me protéger contre l’herpès?
Le virus de l’herpès simplex de type 2 (HSV-2) cause des infections génitales . Le virus de l’herpès simplex de type 1 (HSV-1), quant à lui, est habituellement associé à des lésions orales; toutefois, il peut être transmis aux parties génitales par contact oro-génital.
Bien que la transmission soit possible en présence d’infections actives, elle peut également se produire en l’absence de lésions visibles. Les condoms peuvent entraîner une diminution du risque de transmission. En présence d’une flambée active, il est recommandé de pratiquer l’abstinence puisque, à ce moment, l’excrétion du virus est accrue.
Une publication récente a indiqué que, chez les patients présentant un herpès génital récurrent, une dose quotidienne (500 mg) de valacyclovir pouvait entraîner une diminution de la fréquence des flambées, de l’excrétion du virus et de la transmission à un partenaire non infecté.
Corey L, Wald A, Patel R et col l. « Once-daily valacyclovir to reduce the risk of transmission of genital herpes », N Engl J Med , vol. 350 , 200 4 , p. 11-20