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L'agression sexuelle

C’est un mythe (fausse déclaration) de dire que la plupart des agressions sexuelles sont perpétrées par un étranger qui attaque une femme dans une ruelle sombre ou qui  s’introduit par effraction dans la maison ou l’appartement d’une femme pour l’agresser. Selon les statistiques sur les crimes, moins de 20 % des agressions sexuelles sont commises par des étrangers. En d’autres mots, dans plus de 80 % des cas, une femme est agressée par quelqu’un qu’elle connaît comme un ami ou un membre de la famille.

Plus des trois quarts des agressions sexuelles mettent en cause des attouchements sexuels, baisers, agrippement ou caresses non désirés. Dans environ 70 % des cas d’agressions sexuelles, la victime est une femme et dans près de 90 % des cas, l’assaillant est un homme. Les jeunes sont plus susceptibles que les personnes plus âgées d’être victimes d’agression sexuelle. Par exemple, les jeunes âgés entre 15 et 24 ans sont deux fois plus susceptibles d’être agressés sexuellement que les personnes âgées entre 25 et 34 ans.

L'agression sexuelle est un crime terrible comportant de graves conséquences. Elle peut affecter la vie sexuelle d'une victime (pour le reste de sa vie), causer de l'anxiété et de la dépression et détruire l'estime de soi d'une personne. Ces conséquences peuvent hanter une victime pour le reste de sa vie. Si l'abus est fréquent, commis par un membre de la famille ou qu'il y a eu pénétration, la situation pourrait même être pire. L'agression sexuelle peut entraîner des sentiments de solitude, de dévalorisation et de crainte. De nombreux cas ne sont jamais signalés, surtout ceux qui impliquent un membre de la famille.

Si un ami, un membre de votre famille ou un partenaire intime vous force à avoir une relation sexuelle contre votre gré, c’est tout de même une agression sexuelle et c’est contre la loi. Parlez-en à quelqu'un en qui vous avez confiance, comme votre conseiller en orientation scolaire. Avec son aide, vous pourriez trouver une façon de vous sentir en sécurité et d'être heureux. Votre corps vous appartient et personne d'autre que VOUS n'avez le droit de le contrôler.

Agression sexuelle dans le cadre d’une fréquentation

L’activité sexuelle forcée qui survient pendant une fréquentation est une forme d’agression sexuelle par une connaissance qui est parfois appelée viol commis par une connaissance. Les agressions sexuelles qui surviennent lorsqu’un des partenaires force l’autre à poser des actes sexuels non désirés se produisent à tous les groupes d’âge, mais sont plus courants parmi les jeunes. Les agressions sexuelles commises dans le cadre d’une fréquentation sont plus susceptibles de se produire lorsqu’un ou les deux partenaires ont consommé de grandes quantités d’alcool.

Comme toutes les formes d’agression sexuelle, les auteurs et les victimes d’agressions sexuelles dans le cadre d’une fréquentation peuvent être soit des hommes, soit des femmes. Cependant, dans la majorité des cas, l’auteur est un homme et la victime est une femme. Il ne faut pas se culpabiliser si on est victime d’une agression sexuelle. Mais, des mesures peuvent être prises pour réduire les risques de devenir victime d’une agression sexuelle dans le cadre d’une fréquentation.

Le viol commis par une connaissance est beaucoup plus courant qu'une agression sexuelle commise par un pur étranger. Le meilleur moyen d'éviter une agression sexuelle est de toujours assurer sa propre sécurité et d'avoir le contrôle de la situation. Si ce n'est pas le cas, DÉGUERPISSEZ. Rien ne vous oblige à faire quoi que ce soit que vous ne désirez pas. Vous n'êtes pas obligé de boire à un party et vous n'êtes pas non plus obligé de faire du "parking" avec votre ami.

Autant les garçons que les filles peuvent être victime d'une agression sexuelle

On pourrait penser : « La sexualité est agréable et est courante dans la vie des gens, alors pourquoi l'agression sexuelle représente-t-elle un si grand danger? ». L'agression sexuelle n'a rien à voir avec la sexualité. Elle est associée à la crainte et au contrôle, et peut marquer une victime pour le reste de sa vie. Elle viole le sens de la sécurité, un élément qui pourrait ne jamais être rétabli. Alors oui, c'est une grande source de préoccupation. En fait, elle peut prendre des proportions démesurées.

Même si une personne n'est pas heurtée physiquement pendant ces crimes, les cicatrices émotionnelles laissées par ces crimes durent longtemps et les gens agressés continuent à souffrir de la peur, de l'anxiété et de troubles sexuels plus tard dans leur vie.

L'agression sexuelle correspond à toute activité sexuelle sans consentement et contrevient à la loi. La violence sexuelle n'a rien à voir avec la sexualité; mais plutôt avec le pouvoir. Les hommes peuvent en être victimes, mais ce sont le plus souvent les hommes qui usent de leur pouvoir sur les femmes.

Niveaux d’agression sexuelle au Canada

Bien des gens assument que l’agression sexuelle se résume essentiellement à un viol. C’est-à-dire que le viol survient lorsqu’un homme force physiquement une femme à avoir des relations sexuelles contre son gré. Mais, il existe bien d’autres formes d’agression sexuelle en plus de la relation sexuelle forcée. Il est important d’avoir une compréhension de base de la loi du Canada concernant l’agression sexuelle. Cela peut vous aider à définir plus clairement si vous êtes victime d’une agression sexuelle. On recense les trois niveaux suivants d’agression sexuelle au Canada :

Agression sexuelle de niveau 1 : Toute forme d’activité sexuelle (par ex. baisers, attouchements, sexe oral, pénétration vaginale ou anale) imposée à quelqu’un d’autre ou un contact corporel non consensuel dans un but sexuel. Les agressions sexuelles de niveau 1 n’inflige que des blessures physiques mineures, sinon aucune, à la victime. La condamnation pour une agression sexuelle de niveau 1 est l’emprisonnement maximal de 10 ans.

Agression sexuelle de niveau 2 : Agression sexuelle dans laquelle l’auteur utilise une arme ou menace les amis ou les membres de la famille de la victime, ou menace d’infliger des lésions corporelles à une autre personne, ou participe à l’infraction avec une autre personne (assaillants multiples). La condamnation pour une agression sexuelle de niveau 2 est l’emprisonnement maximal de 14 ans.

Agression sexuelle de niveau 3 : Agression sexuelle donnant lieu à des blessures, des mutilations, la défiguration ou mettant en danger la vie de la victime. La condamnation pour une agression sexuelle de niveau 3 est l’emprisonnement maximal à perpétuité.

Il y a d’autres aspects de la loi sur l’agression sexuelle que vous devriez connaître :
● Contrairement à la plupart des autres lois, il n’y a pas de statut sur les limites relatives aux agressions sexuelles. Cela signifie que si vous avez été victime d’une agression sexuelle il y a de nombreuses années, vous pouvez encore déclarer l’agression à la police et des charges criminelles seront portées.
● Pour bien des cas d’agression sexuelle de niveau 1, la question du consentement est primordiale. En ce qui concerne la loi, une personne ne peut donner librement son consentement à une activité sexuelle si elle est ivre, sous l’influence de drogues, inconsciente ou endormie.
● Les lois sur l’agression sexuelle sont non discriminatoires, c’est-à-dire que les hommes ainsi que les femmes peuvent être victimes d’agression sexuelle et les hommes ainsi que les femmes peuvent être incriminés d’agression sexuelle. Aussi, un homme peut être coupable d’agression sexuelle envers son épouse.
● Une personne peut être accusée d’agression sexuelle si elle est atteinte du VIH et qu’elle ne le divulgue pas à son partenaire avant les relations sexuelles.

Environ 20 000 agressions sexuelles sont signalées à la police au Canada tous les ans. Puisque de nombreux cas ne sont jamais déclarés à la police, le nombre actuel d’agressions sexuelles se produisant tous les ans est beaucoup plus élevé. En fait, selon les données d’enquête, plus de 500 000 agressions sexuelles se produisent au Canada tous les ans.

Si vous savez ou soupçonnez qu'une personne de moins de 16 ans est victime, ou présente de fortes probabilités d'être victime de négligence ou de violence affective, physique ou sexuelle, il est de votre devoir légal de signaler la situation au ministère des Enfants et de la Famille ou au service de protection de la jeunesse de votre province.