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L'impact de la dysfonction sexuelle du partenaire

 

Toujours selon le modèle d'évaluer le contexte afin de comprendre la sexualité féminine, l'une des plus importantes variables psychosociales ou contextuelles qui touche les femmes est l'impact de la dysfonction sexuelle de leur partenaire. Les résultats de la Massachusetts Male Aging Study (MMAS) révèlent que la majorité des hommes à la quarantaine constatent une dysfonction érectile (DÉ) quelconque (Feldman et al, 1994). Il s'agissait d'un sondage basé sur l'observation d'un échantillon aléatoire d'hommes de la communauté âgés de 40-70 ans, mené entre 1987 et 1989 dans des villes et villages près de Boston. Les chercheurs ont recueilli des échantillons de sang, des mesures physiologiques, des variables sociodémographiques, des indices psychologiques, des bilans de santé, de médicaments, de tabagisme et d'habitudes de vie, en plus d'un questionnaire lié à l'activité sexuelle servant à évaluer la puissance érectile. Les résultats de la MMAS ont révélé que par l'âge de 40 ans, 40 % des hommes questionnés avaient constaté une dysfonction érectile légère à sévère, et ce chiffre augmente à 67 % à l'âge de 70 ans.

Les résultats ont révélé une prévalence combinée de la DÉ légère, moyenne et complète de 52 %. Les hommes aux prises avec une dysfonction légère dans la quarantaine ont tendance à progresser vers la dysfonction moyenne ou complète à mesure qu'ils vieillissent. À la quarantaine, les hommes commencent à constater des changements des niveaux d'hormones, de flux sanguin, de libido, de sensibilité et d'éjaculation. Ces changements peuvent compromettre leur capacité d'avoir et de maintenir une érection, ainsi que la qualité de l'érection. L'excitation se fait plus lente et la phase du plateau est prolongée, ce qui retarde l'éjaculation. De plus, l'éjaculation peut se faire lente ou elle peut être absente. En général, le flux sanguin vers tous les organes diminue avec l'âge (Feldman et al., 1994; Schiavi, 1999). Toutefois, le sildénafil (Viagra) et les deux autres inhibiteurs PDE-5 qui seront probablement bientôt disponibles, s'avèrent une aide importante pour traiter ces problèmes de vieillissement.

Quoique la pulsion sexuelle diminue avec l'âge tant chez les hommes que chez les femmes, et certaines femmes ménopausées (notamment suite à l'ovariectomie bilatérale) peuvent constater une réduction importante de la pulsion sexuelle directement attribuable à la perte de la fonction ovarienne, plusieurs couples hétérosexuels âgés abandonnent l'activité sexuelle en raison de la réduction de l'intérêt de l'homme, qui résulte principalement d'une dysfonction érectile. La dysfonction érectile s'avère une source importante de la piètre image corporelle et du faible désir qui en résulte. Plusieurs femmes ménopausées sont abstinentes en raison des difficultés érectiles ou de la réduction de la pulsion sexuelle de leur partenaire.

En dépit du fait que le sildénafil a aidé plusieurs hommes à surmonter la dysfonction érectile, il importe de reconnaître qu'il peut créer un changement au niveau de l'équilibre sexuel au sein du couple. La femme a dû s'ajuster à l'équilibre sexuel de l'abstinence en raison de la dysfonction de son partenaire, puis elle doit maintenant accommoder un autre changement à l'équilibre. C'est tout un défi. Les personnes d'âge mûr ont besoin d'une plus longue période d'ajustement afin de parvenir au changement cognitif, et les femmes d'âge mûr ont certainement besoin d'un certain temps afin que leur corps s'ajuste à la vie sexuelle du couple. Toutefois, dès qu'un homme a une érection fiable, il veut typiquement tenter d'en profiter (à moins qu'il n'y ait d'autres facteurs psychogéniques qui contribuent à l'évitement et au fiable désir, outre un pénis peu fiable). Malheureusement, si le couple n'a pas eu de rapports sexuels depuis un certain temps, le vagin vieillissant de la femme s'est probablement rétréci et atrophié et il n'accommodera pas immédiatement un pénis sans risque de douleur et/ou de blessure.

Cette situation peut entraîner une dysfonction sexuelle féminine secondaire, la dyspareunie ou le vaginisme. La femme ménopausée hétérosexuelle qui a été abstinente au point de vue sexuel depuis longtemps doit d'abord étirer et « exercer » doucement son vagin. Elle doit commencer par la pénétration d'un doigt ou d'un dilatateur et graduellement étirer le vagin afin qu'il puisse accommoder le pénis. Elle ne peut retourner instantanément au fonctionnement sexuel si la fonction sexuelle a toujours impliqué les rapports sexuels. De plus, certaines de ces femmes pourraient maintenant bénéficier d'androgénothérapie substitutive. C'est-à-dire qu'elles ont pu constater, après la ménopause, une perte partielle ou complète de leur pulsion sexuelle attribuable aux hormones, mais, étant donné leur relation non sexuelle en raison des difficultés érectiles ou de désir de leur partenaire, il n'y avait aucun besoin ni intérêt de rétablir la pulsion. Avec le regain d'intérêt et de capacité du partenaire, l'hormonothérapie à l'estrogène/androgène, à l'estrogène ou à l'estrogène/progestérone pour la santé génitale peut aider à rétablir l'équilibre sexuel en rehaussant la pulsion sexuelle de ces femmes.