Ma Sexualite
mice

Professionnels de la Santé

  • Taille du Texte

Questions contraceptives et génésiques chez les hommes

 

Les hommes peuvent prévenir les grossesses non désirées de plusieurs façons. Ils peuvent : s'informer des sentiments et des facteurs qui peuvent entraver la communication par rapport aux attentes sexuelles au sein d'une relation; discuter de contraception avec leur partenaire avant de s'adonner aux rapports sexuels; soutenir l'emploi d'une méthode de contraception chez leur partenaire; et acheter et utiliser eux-mêmes des condoms (tant aux fins de contraception que de prévention des IST). De plus, plusieurs hommes opteront éventuellement pour la vasectomie. Les hommes atteints d'une maladie ou d'une invalidité physique encourent-ils des difficultés à l'endroit des pratiques contraceptives qui puissent être attribuées à leur condition?

La capacité et la volonté d'utiliser des condoms dépendent de plusieurs situations physiques, psychologiques et sociales que l'homme atteint d'une invalidité peut affronter. Les conditions physiques spécifiques telle la faiblesse musculaire, le tremblement, la spasticité et la mobilité restreinte peuvent rendre difficile ou impossible l'emploi de condoms. C'est également le cas des hommes homosexuels atteints d'une invalidité, aux points de vue de l'emploi du condom pour la sexualité protégée et de la négociation de l'emploi du condom (conditions qui entravent la communication).

Les conditions qui font impact à la cognition, la mémoire, le jugement ou l'apprentissage peuvent aussi affecter la capacité de déterminer quand l'emploi du condom est nécessaire et comment négocier son emploi. La dépendance sur les autres pour les soins personnels, notamment lors de situations sexuelles, peut s'avérer un obstacle à l'emploi du condom. Si la condition entrave l'érection, certains hommes craignent que l'emploi du condom entraînera ou empirera les difficultés ou le dysfonctionnement érectiles. D'autres peuvent conclure à tort qu'ils n'ont pas besoin de contraception parce qu'ils croient que leur condition les rend infertiles. Quoique la présente section traite de contraception, il est sous-entendu que certains individus qui éprouvent des difficultés liées à l'emploi du condom aux fins de contraception ou de sexualité protégée peuvent opter pour des activités sexuelles qui ne comportent pas de risque de grossesse ou, avec certaines précautions, d'infection transmissible sexuellement (caresses mutuelles, emploi de vibrateurs ou autres jouets sexuels, etc.).

Les circonstances sociales et personnelles des gens atteints d'une maladie ou d'une invalidité peuvent aussi faire impact sur l'accès aux renseignements et aux services liés à la contraception et à la santé sexuelle. Par exemple, les hommes atteints d'une maladie ou d'une invalidité peuvent faire face à des obstacles pratiques vis-à-vis de l'achat de condoms (revenu, mobilité), à des obstacles sociaux vis-à-vis de leur emploi au sein de relations sexuelles (intimité, politiques institutionnelles restrictives, acceptation des autres), ou à des obstacles affectifs (acceptation de soi à titre d'individu sexuel).

La présente section traite des questions contraceptives et génésiques chez les hommes relativement à plusieurs conditions spécifiques. Les sujets discutés ici peuvent également s'appliquer à des conditions non mentionnées, notamment les retards du développement et les maladies psychiatriques. Chaque entrée précise, le cas échéant, comment la condition pourrait affecter la fertilité, la libido et la fonction érectile de l'homme. Les conséquences physiques de la condition qui peuvent entraver la capacité de négocier l'emploi du condom sont également discutées.

Nota : Les sites Web sont des sources crédibles de renseignements liés à la sexualité et à la reproduction pour les conditions précisées. Le texte qui figure sous chaque condition est tiré de sources dans la liste de références et/our ressources.

Diabète

Les difficultés érectiles sont fréquentes chez les hommes atteints de diabète, et ce, à des degrés variés. Le dysfonctionnement érectile peut résulter de facteurs organiques (neuropathie), de facteurs psychologiques ou relationnels, ou d'une combinaison des deux. Les autres symptômes du diabète (fatigue, maux de tête, hypoglycémie) peuvent aussi entraver indirectement le fonctionnement sexuel, de même que les complications à long terme qui endommagent les vaisseaux sanguins et les nerfs qui y sont associés. Outre son effet à l'endroit de l'érection, la neuropathie diabétique peut également entraîner l'éjaculation rétrograde, lors de laquelle l'homme ressent les sensations de l'orgasme sans éjaculation. La fertilité réduite rapportée chez les partenaires d'hommes atteints de diabète peut être attribuable à la prévalence accrue de difficultés érectiles et d'éjaculation rétrograde chez ces hommes. Des traitements médicaux sont disponibles pour chacun de ces effets possibles du diabète, quoique les hommes ne soulèvent pas ces préoccupations avec leur médecin même si elles persistent depuis un certain temps.

Le diabète peut donc faire impact sur l'emploi du condom (p. ex., préoccupation liée à l'obtention ou au maintien d'une érection), sur la communication avec la partenaire en matière de contraception et de pratiques de sexualité protégée (p. ex., l'effet des symptômes sur l'humeur), ou sur l'incertitude de l'homme à savoir si l'activité sexuelle aura lieu ou non (p. ex., la nature imprévisible des symptômes, la capacité de réponse, etc.).

Comme c'est le cas pour d'autres conditions qui exigent un contrôle par une combinaison de diète, de médicaments, d'exercice et de réduction du stress, lorsqu'il y a des problèmes de contrôle du diabète, d'autres complications peuvent en découler (circulation, fonction rénale), lesquelles ont également des effets sexuels connexes.

Rheumatoid Arthritis (RA)

Les hommes atteints de PR peuvent constater une réduction de la libido et (ou) des incidents de dysfonctionnement érectile associés à la douleur aux jointures, à la fatigue, à la dépression et aux effets secondaires des médicaments. Certaines études ont révélé que les hommes atteints de PR ont des taux de testostérone sérique réduits, lesquels sont associés à une réduction de la fertilité.

Comme c'est le cas pour d'autres conditions qui comportent de tels symptômes, l'emploi du condom et (ou) le soutien de l'emploi de contraceptifs par la partenaire peuvent être entravés par l'incertitude à l'endroit de l'érection et (ou) du désir. L'homme qui fait face à des symptômes qui détournent déjà son attention de l'excitation sexuelle peut trouver encore plus difficile de s'occuper de contraception ou de pratiques sexuelles protégées.

Lésion médullaire (LM)

L'infertilité chez les hommes atteints d'une LM peut résulter de la mobilité et de la numération réduites des spermatozoïdes. Les lésions médullaires peuvent également bloquer l'éjaculation ou causer l'éjaculation rétrograde. Les hommes atteints d'une LM récente font face à plusieurs nouvelles réalités psychosociales, physiques et sexuelles. Les sujets tel le manque de spontanéité lors de rencontres sexuelles, la dépendance sur les autres pour les soins personnels, la reconnaissance que le sexe avec pénétration n'est pas la seule façon de connaître le plaisir sexuel et que l'éjaculation n'est pas synonyme d'orgasme, voilà autant de défis qui se confrontent à leurs perceptions antérieures de la sexualité. Pour ce qui est de contraception et de fertilité, ce ne sont pas tous les hommes atteints d'une lésion médullaire qui sont infertiles. Ainsi, il y a lieu d'évaluer chaque situation individuelle.

Sclérose en plaques (SP)

Souvent, la SP survient à un âge où l'homme a eu ou se retrouve au sein d'une relation sexuelle. Pour les hommes hétérosexuels, la contraception et probablement l'emploi du condom seront des expériences communes. La SP ne réduit pas la fertilité chez les hommes qui en sont atteints, mais elle peut entraver l'érection et l'éjaculation. La démyélinisation des nerfs qui contrôlent la réponse sexuelle et la fonction des intestins et de la vessie peut entraîner une gamme d'effets directs et indirects à l'endroit de la réponse sexuelle chez les hommes atteints de SP. L'exacerbation de symptômes telle la faiblesse musculaire, la fatigue, les problèmes de coordination et d'équilibre, les difficultés érectiles et l'orgasme sec peuvent faire impact sur le fonctionnement sexuel et certains hommes s'abstiendront des rapports sexuels pour ces raisons, entre autres. Puisque les symptômes de la SP peuvent varier de façon imprévisible avec le temps (poussées suivies de périodes où les symptômes s'estompent), l'homme qui se trouve en période creuse au point de vue sexuel (en termes de rapports sexuels plus précisément) peut perdre l'habitude de songer à la contraception et à la sexualité protégée et ainsi, ne pas être prêt après avoir passé le creux de la vague.

Des médicaments couramment disponibles peuvent faciliter l'érection chez bon nombre d'hommes atteints de SP qui connaissent des difficultés érectiles. Puisque la fertilité n'est pas atteinte, si l'éjaculation n'est pas entravée, l'homme atteint de SP et sa partenaire doivent être conscients de la contraception afin d'éviter une grossesse non désirée. Les sautes d'humeur, la dépression et, moins souvent, le déficit cognitif associés à la SP peuvent entraver la motivation ou la capacité de traiter des sujets d'ordre sexuel.

Sclérodermie

L'homme peut constater un dysfonctionnement érectile qui résulte du flux sanguin réduit au pénis. L'homme atteint de sclérodermie court également un risque accru de développer la maladie de La Peyronie ou la fibrose du corps caverneux du pénis. Cette condition peut entraîner le raccourcissement ou la courbure du pénis, qui peut mener à un dysfonctionnement érectile. L'emploi de certains médicaments, tels les anti-hypertensifs, peut aussi entraîner des difficultés érectiles. Les hommes atteints de sclérodermie peuvent avoir de la difficulté à utiliser des condoms puisque les doigts des patients atteints de cette maladie deviennent habituellement pliés. Comme c'est le cas pour d'autres conditions qui font impact sur la fonction érectile et l'emploi des mains, une discussion préalable avec sa partenaire sur la contraception et (ou) l'emploi des condoms s'avère une façon de réduire les incertitudes (et ainsi, rehausser le plaisir sexuel).

Paralysie cérébrale

Cette condition ne fait généralement pas impact sur la fertilité, la libido et la capacité d'avoir un orgasme. Toutefois, la spasticité, les mouvements involontaires et la rigidité peuvent entraver la capacité à utiliser un condom. La communication avec le/la partenaire au sujet de la contraception et de l'emploi de condoms peut être affectée. Les gens qui reçoivent des soins d'un auxiliaire peuvent avoir des besoins de soutien et d'intimité en ce qui concerne leur vie sexuelle, l'accès à la contraception et son emploi.

Fibrose kystique

La fibrose kystique n'a aucun effet direct sur le fonctionnement sexuel (p. ex. désir, érection, éjaculation). Par contre, les hommes atteints de fibrose kystique qui ont des difficultés respiratoires peuvent être inquiets des conséquences des rapports sexuels. Le cas échéant, il est recommandé que l'homme utilise un brochodilatateur d'action brève de 20-30 minutes avant les rapports sexuels, qu'il évite les positions sexuelles qui peuvent exercer une pression sur la poitrine et qu'il fasse des exercices de physiothérapie pour déloger le mucus avant d'entreprendre les rapports sexuels.

Quoique la plupart des hommes atteints de fibrose kystique soient infertiles, il est possible que l'éjaculat de certains d'entre eux contienne des spermatozoïdes. La production de spermatozoïdes a lieu chez les hommes atteints de fibrose kystique, mais un blocage ou l'absence des canaux déférents limite ou empêche souvent le passage des spermatozoïdes. À moins que l'infertilité ne soit confirmée par des tests médicaux, il y a lieu d'utiliser un moyen de contraception.