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La Violence Faite aux Femmes

 

Au Canada, la violence faite aux femmes constitue un problème de santé majeur.

Ses effets se répercutent dans tous les domaines des soins de la santé. Les professionnels de la santé ont décidément un rôle à jouer au niveau de l'identification et du soutien des victimes de violence. Des organismes professionnels partout au pays ont élaboré des lignes directrices sur la façon d'aborder ce problème. La plupart de la littérature au sujet de la violence conjugale traite de situations où le maltraitant est un homme et la victime, une femme. L'on ne doit jamais oublier que la violence peut exister au sein d'une relation homosexuelle et que les hommes peuvent aussi être victimes de violence.De plus, la violence conjugale peut survenir à tout âge. Aux fins de cette présentation, nous concentrons sur la violence faite aux femmes.

Qu'est-ce que la violence faite aux femmes?

« Tout comportement sexospécifique qui résulte, ou qui risque de résulter en préjudice ou en souffrance physique, sexuelle ou psychologique chez la femme, y compris les menaces de tels comportements, la coercition ou la privation arbitraire de la liberté soit en public ou dans la vie privée. »

(Déclaration relative à l'élimination de la violence faite aux femmes, Actes de l'Assemblée générale des Nations unies, 85e réunion à Genève, 20 déc./93 dans Task Force. London, p. 9) Elle se fonde sur le besoin de pouvoir et de contrôle de la part du maltraitant.

La violence faite aux femmes entraîne d'importants coûts liés à la santé.

Au Canada, il est estimé que le coût lié à la santé découlant de la violence faite aux femmes s'élève à 1,5 milliards $ par année, dont 225 millions $ pour des consultations médicales et 506 millions $ en soins psychiatriques à court et à long termes.(1)

La prévalence de la violence est tellement élevée que la plupart des médecins finiront par en voir ou en traiter des victimes, peu importe la nature de leur pratique.

Il est difficile d'évaluer l'incidence de la violence. Par contre, dans un sondage de Statistique Canada auprès de 12 300 femmes âgées de plus de 18 ans,

  1. 30 % ont indiqué avoir été agressées par leur partenaire male au moins une fois; 
  2. près de 20 % avaient été agressées plus d'une fois; 
  3. près de 10 % avaient été agressées à plus de 10 reprises.2

Un rapport de 1997 sur les homicides au Canada a révélé que 78 % de toutes les victimes d'homicides conjugaux étaient des femmes.4

Il est souvent répété que la violence domestique est exagérée et que lorsqu'elle se manifeste, le degré de violence en est amplifié.

Les formes les plus fréquentes de violence qui sont rapportées par les femmes :

dans environ 25 % des cas, elles sont poussées, saisies ou bousculées 
44 % des femmes affirment qu'une arme a été utilisée à leur endroit et parmi ce groupe, 36 % indiquent que l'arme utilisée était une arme à feu ou un couteau 
un tiers des femmes qui divulguent la violence admettent qu'elles ont eu peur pour leur vie.
La probabilité qu'un médecin ne décèle la violence a été minime, tel que confirmé par plusieurs études. Parmi tous les professionnels de la santé, les médecins sont les mieux placés pour poser des questions par rapport à la violence conjugale.

Il est souhaité que des efforts intensifs d'éducation renverseront la tendance par laquelle :
  1. 25 % des femmes agressées accèdent aux soins de santé pour cause de traumatisme au moins onze fois avant de divulguer la violence 
  2. 23 % d'entre elles prennent de six à dix rendez-vous distincts chez un médecin pour des blessures liées à la violence.7
Mythes liés à la violence

La violence faite aux femmes existe depuis le début des temps et elle a été admise tout au long de l’histoire. Il y a des références à la violence faite aux femmes dans l’histoire grecque et dans la Bible. Le terme anglais « Rule of Thumb » (règle du pouce) découle du droit coutimier britannique qui permettait à un homme de « châtier sa femme avec un fouet ou un rotin n’étant pas plus large que son pouce. » Afin de contribuer à l’émancipation des femmes maltraitées, nous devons dissiper les mythes liés à la violence qui lui ont permis de rester voilée depuis si longtemps.L’agression de son épouse, y compris l’agression sexuelle, est un crime.

Au Canada, la Loi fédérale sur le divorce ne fut proclamée qu’en 1968; la cruauté physique et mentale devenaient ainsi des motifs de divorce. La loi qui définit la violence sexuelle par un partenaire n’existe que depuis quelques années.

Mythe : La violence n’est pas un problème de grande envergure.
Fait : Dix pour cent des Canadiennes vivent avec un partenaire violent.

Mythe : Un acte de violence est habituellement un événement singulier.
Fait : La majorité des femmes auront souffert de multiples épisodes de violence avant que celle-ci ne soit divulguée.

Mythe : Les blessures ne sont habituellement pas sérieuses.
Fait : Vingt pour cent de tous les homicides au Canada sont domestiques. Vingt-cinq pour cent des femmes ayant fait un attentat de suicide sont maltraitées.

Mythe : L’alcool est la cause de la violence.
Fait : L’alcool peut faciliter les excès de violence chez l’homme. Toutefois, la cause véritable de la violence faite aux femmes est le désir de pouvoir et de contrôle du maltraitant à l’égard de sa partenaire. Le traitement de l’alcoolisme ne met pas un terme à la violence.

Mythe : Les femmes sont responsables de la violence.
Fait : Aucune femme ne mérite EN AUCUN TEMPS d’être battue. Un comportement violent relève de la responsabilité du maltraitant.

Mythe : Les hommes qui maltraitent leur partenaire sont des malades mentaux.
Fait : La violence faite aux femmes est trop répandue pour être causée par la maladie mentale. Les hommes qui agressent leur partenaire ne sont pas violents à l’extérieur de la maison.