Prévention et prise en charge des ITS
La prévention et le traitement des infections sexuellement transmissibles (IST) et la lutte contre ces maladies fait appel à différents niveaux d'intervenants de la santé. Les attitudes et les actions d'un médecin peuvent avoir des répercussions sur les individus, sur les groupes à risque élevé et sur la population dans son ensemble. Les anciens concepts tels que la prévention primaire et secondaire sont adaptés de manière à incorporer des stratégies efficaces à plusieurs niveaux afin de réduire le poids des IST.
Les déterminants de la transmission des IST peuvent être considérés comme formant un continuum1,2, tel qu'illustré dans la figure 1. Des mesures peuvent être prises à chacune de ces étapes pour prévenir et maîtriser l'infection sexuellement transmissible. Pour le médecin de soins primaires, plusieurs interventions s'appliquent à la pratique quotidienne.

Au niveau de l'exposition d'une personne susceptible à un individu infecté, on peut agir par des mesures de counselling préconisant la limitation des contacts sexuels à un jeune âge et du nombre de partenaires sexuels concomitants, ainsi que la promotion d'activités sexuelles protégées, y compris
- les activités sexuelles sans pénétration,
- l'emploi constant et correct de condoms, et
- les tests de dépistage des IST et du VIH, suivis d'en engagement envers la monogamie.1
L'efficacité de la transmission lors de l'exposition d'une personne susceptible à un partenaire infecté est un autre niveau où le médecin de soins primaires peut intervenir avec une certaine efficacité. En préconisant les rapports sexuels protégés, notamment par l'emploi de condoms et l'évitement des rapports vaginaux ou anaux non protégés, le médecin peut contribuer à réduire la transmission de certains agents pathogènes responsables des IST. Il importe toutefois de souligner que les méthodes barrières comme les condoms sont moins efficaces contre certains agents pathogènes viraux tels le VHS et le VPH que contre la chlamydia et le VIH. L'immunisation contre le VHB peut prévenir de façon très efficace la transmission de l'infection autant entre individus que dans la population en général, si elle est faite dans le cadre d'un programme de vaccination universel. L'administration de traitements épidémiologiques à des patients ayant eu une exposition connue à une IST semble pouvoir réduire la transmission soit avant l'apparition des symptômes, soit au cours de la période d'incubation de l'infection. D'autres formes de prophylaxie post-exposition ont également été employées pour prévenir l'infection par le VIH après une blessure causée par une seringue ou une agression sexuelle. Enfin, les médecins peuvent réduire l'infectivité de certaines personnes en leur administrant des traitements antimicrobiens suppresseurs. Un exemple de ce genre de traitement est l'emploi de l'acyclovir dans l'herpès génital et de l'AZT chez les femmes enceintes infectées par le VIH1.
C'est au niveau de la durée de l'infection que les soins du médecin seront les plus efficaces. Le médecin peut surveiller sa population de patients pour déterminer la prévalence des diverses IST et mettre au point une stratégie basée sur les rencontres individuelles pour le dépistage des individus porteurs d'infections asymptomatiques ou récentes (voir le tableau 1).
Mise à jour : 12/10/06